Dans son cabinet à Grand-Lancy (Genève), Diana Balestra Campos accompagne les enfants avec la Kinésiologie dès le plus jeune âge, de la naissance jusqu’à 18 ans, pour les aider à faire face, entre autres, aux émotions difficiles, au stress scolaire, aux blocages ou aux changements de vie. Elle reçoit enfants, adolescents et adultes avec une approche douce et respectueuse du rythme de chacun. Séances sur rendez-vous.
Combien d’adultes se sentent parfois submergés par leurs émotions ? Combien de parents se trouvent démunis face aux pleurs, aux colères ou aux peurs de leurs enfants ?
Imaginez la scène : le matin, avant de partir à l’école, votre enfant hurle parce que ses céréales ne sont pas dans le bon bol. Vous savez que ce n’est pas grave, pourtant son chagrin semble immense. Quelques heures plus tard, c’est vous qui explosez parce qu’un collègue vous a fait une remarque qui, objectivement, paraît anodine. Sur le moment, ni l’un ni l’autre ne semblez capable de vous contrôler. Et pourtant, de l’extérieur, certains pourraient penser qu’il suffirait de se raisonner.
Mais les émotions ne fonctionnent pas comme une recette de cuisine. Si c’était aussi simple, aucun parent ne se sentirait démuni face aux colères de son enfant. Aucun adulte ne serait submergé par l’anxiété avant une réunion importante, ni envahi par la colère ou la tristesse dans certaines situations.
Alors que se passe-t-il lorsque les émotions nous débordent ?
Prenons l’exemple de cet enfant qui éclate en sanglots pour une histoire de bol de céréales. Pour l’adulte, la réaction paraît disproportionnée. Pourtant, le bol n’est probablement pas le véritable problème. L’enfant est peut-être fatigué, contrarié par quelque chose vécu à l’école, stressé par une journée qui s’annonce chargée, ou simplement en manque de disponibilité émotionnelle à cet instant précis. Le bol n’est alors que le déclencheur d’un trop-plein déjà présent.
Chez l’adulte, le mécanisme est souvent le même. La remarque d’un collègue qui nous fait sortir de nos gonds n’est pas toujours la véritable cause de notre colère. Elle peut venir toucher un sentiment plus profond : ne pas se sentir reconnu ou respecté, avoir peur de l’échec ou se sentir jugé… La remarque agit alors comme une étincelle sur un terrain déjà sensible.
On pourrait comparer cela à un sac à dos émotionnel. Chaque expérience difficile, chaque stress, chaque émotion que nous n’avons pas pu exprimer ou intégrer vient déposer un petit caillou. La plupart du temps, nous avançons sans trop y penser. Puis un jour, un événement apparemment banal ajoute un caillou de plus… et le sac devient trop lourd. Ce n’est pas ce dernier caillou qui est responsable de tout le poids, il révèle simplement que le sac était déjà chargé.
C’est précisément là que la kinésiologie propose un regard différent.
Plutôt que de se focaliser uniquement sur la réaction visible — les pleurs, la colère, l’anxiété, l’irritabilité — la kinésiologie cherche à identifier les sources de stress et les déséquilibres qui perturbent la capacité d’adaptation de la personne. L’objectif n’est pas de supprimer l’émotion, ni de la contrôler à tout prix, mais de comprendre ce qu’elle cherche à exprimer et d’aider la personne à retrouver davantage de sérénité face à ce qu’elle vit.
Mais avant de comprendre comment la kinésiologie peut nous aider, posons-nous une question essentielle : qu’est-ce qu’une émotion ?
Le mot « émotion » vient du latin emovere, qui veut dire « mettre en mouvement ». Une émotion est avant tout une réaction naturelle de notre organisme face à une situation, un événement, un souvenir ou une perception.
La peur nous pousse à nous protéger. La colère nous donne l’énergie de poser nos limites. La tristesse nous invite au repli et à l’intégration d’une perte. La joie favorise le partage et la connexion.
Les émotions ne sont ni bonnes, ni mauvaises en soi. Elles sont des messagères qui nous renseignent sur nos besoins, nos limites et notre état intérieur. Elles deviennent cependant source de souffrance lorsqu’elles restent enfouies trop longtemps, lorsqu’elles ne sont ni entendues, ni respectées. À force d’être ignorées, minimisées ou combattues, elles ne disparaissent pas. Elles cherchent souvent d’autres chemins pour se manifester : réactions excessives, blocages, anxiété, fatigue, irritabilité ou difficultés relationnelles. C’est alors que leur expression peut sembler dépasser le raisonnable. Nous nous surprenons à réagir avec une intensité débordante. Une remarque anodine provoque une profonde blessure, un désaccord mineur déclenche une colère disproportionnée, une séparation, un changement ou une prise de décision réactivent des peurs que nous pensions avoir dépassées. Derrière cette apparente démesure, l’émotion a souvent sa logique. Elle raconte une histoire plus vaste que l’événement du moment. Elle vient parfois faire écho à des expériences du passé, à des besoins restés insatisfaits ou à des adaptations mises en place depuis longtemps pour nous protéger.
Le rôle du thérapeute n’est pas d’interpréter à la place de la personne, ni de lui dire ce qu’elle devrait ressentir, encore moins de lui proposer des solutions clé en main. Il cherche plutôt à lire ce qui se joue derrière le symptôme ou la réaction visible, et invite le client à envisager de nouvelles perspectives et à donner du sens à ce qui se manifeste. Les outils à travers lesquels le thérapeute interroge l’intelligence corporelle du client appartiennent à la technique appliquée, que ce soit la kinésiologie ou toute autre technique thérapeutique. Cela constituera toujours une invitation à la réflexion, jamais des vérités imposées.
Le client, quant à lui, demeure l’acteur principal du processus. Il reste libre d’accueillir ou non ces propositions, de les explorer ou de les laisser de côté. Il est également maître du rythme auquel il souhaite ou peut avancer, car le changement ne se décrète pas. Il se construit progressivement, lorsque la personne se sent suffisamment en sécurité pour regarder ce qui demande à être entendu.
L’accompagnement thérapeutique, et notamment en kinésiologie, n’a donc pas pour vocation de corriger ou de supprimer les émotions. Il vise plutôt à créer un espace où celles-ci peuvent enfin être reconnues, comprises et intégrées, afin qu’elles retrouvent leur fonction première : nous guider plutôt que nous submerger.
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